Fisheye Gallery

Arles 2021

Exposition passée
05.07.2021 25.09.2021

Charlotte Abramow est une artiste visuelle Belge née en 1993. Diplomée des Gobelins, L’École de l’Image, à Paris elle commence la photograpahie très jeune. À l’âge de 16 ans, elle est repérée par le photographe Paolo Roversi lors d’un workshop aux Rencontres d’Arles. Charlotte Abramow réalise alors de nombreuses commandes pour la presse en parallèle de travaux personnels régulièrement exposés (Fisheye Gallery, Maison Européenne de la Photographie, Paris Photo) et récompensés (Prix Picto).
En 2017, elle est finaliste des Photo Folio Review Awards des Rencontres d’Arles pour la maquette de son projet « Maurice, Tristesse et rigolade » , livre sur la vie de son père, publié en 2018 aux éditions Fisheye.
Elle réalise également plusieurs clips qui rencontrent un immense succès, parmi lesquels « Les passantes » – Georges Brassens, dans le cadre de la Journée Internationale des Droits des Femmes, ou
« La Loi de Murphy » et « Balance ton Quoi » d’Angèle.

Tout était écrit

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la Fisheye Gallery d’Arles accueille bien la première exposition personnelle de Charlotte Abramow en cet été 2021. Médiatisé et largement relayé, son univers visuel nous est connu aussi bien qu’il est désormais reconnu au-delà du cercle de la photographie. À 27 ans, son univers a infusé dans le monde de la musique, de la publicité et dans la presse. Dans le monde de l’art, elle a accumulé sans formellement montrer les choses. Un mélange de grande détermination mais aussi de doute profond habite Charlotte à chacune de ses images, chacune de ses prises de parole, chacun de ses actes artistiques. Chez cette jeune femme, rien n’est gratuit, tout fait sens et tout prend son sens dans un tout global qui semble pensé et maîtrisé depuis longtemps. Voir travailler Charlotte Abramow permet de se rendre compte de sa précision, de sa maîtrise et surtout de sa vision, celle qui lui permet d’élaborer presque chaque image en amont dans son imaginaire prolifique. Ce qui est présenté à Arles peut être considéré comme un voyage, car ce n’est pas l’arrivée qui compte mais le chemin qu’elle a emprunté pour y accéder. Partir, éternellement partir pour trouver une part de vérité.

 

En rassemblant ses œuvres relatives à l’évolution de son regard sur les femmes ces dix dernières années entre ses 18 ans et aujourd’hui, Charlotte nous laisse entrer dans ses interrogations. Pour elle, il ne faudrait rien montrer car la prochaine photo traduira mieux son rapport au monde que la précédente. Pourtant, elle construit avec ses séries successives, une architecture sémantique et un vocabulaire visuel des plus solides. La couleur nous saisit mais chaque élément qui rentre dans le cadre est pensé pour nous bousculer. Charlotte Abramow est une dynamiteuse de préjugés, une empêcheuse de ne pas s’interroger sur le fond des choses, une activiste de la représentation féminine. Mais elle a l’honnêteté de ne pas être toujours sûre d’elle et d’avancer sans fanfaronner. Pourtant, tout ce qu’elle produit marque les esprits et apporte une contribution positive à la société. Je ne pourrais ici que citer le fabuleux « Maurice, Tristesse et rigolade », son livre époustouflant et épuisé sur la relation à son père et à sa maladie. Il trace un point de passage primordial dans sa carrière d’autrice qui la ramène aux surréalistes qu’elle affectionne tant, au premier rang desquels Magritte occupe une place à part dans son cœur.

 

Pourtant, tout ce qu’elle produit marque les esprits et apporte une contribution positive à la société. Je ne pourrais ici que citer le fabuleux « Maurice, Tristesse et rigolade », son livre époustouflant et épuisé sur la relation à son père et à sa maladie. Il trace un point de passage primordial dans sa carrière d’autrice qui la ramène aux surréalistes qu’elle affectionne tant, au premier rang desquels Magritte occupe une place à part dans son cœur.

En la voyant pour la première fois, elle n’avait pas 20 ans, je me suis dit que sa détermination serait son atout le plus crucial. Je n’avais pas vu tout son talent, sa volonté de renverser le monde, sa haine de l’injustice et son œil millimétré et exigeant. « Première Page » est une exposition qui questionne son autrice plus qu’elle n’impose un point de vue aux spectateur.ice.s. Cet aller-retour entre incertitude et revendication donne un savoureux mélange à cette exposition qui dessine une trajectoire pour le moins singulière.

Benoît Baume au sujet de l’exposition Première page de Charlotte Abramow à la Fisheye Gallery Arles été 2021

Né à Mulhouse en 1976, Stéphane Lavoué est un photographe dont la pratique se partage entre le portrait et le reportage. Il débute sa carrière en tant que photographe dans la presse française et intègre l’agence Myop en 2006, puis rejoint en 2010 le groupe de photographes portraitistes PASCO. Connu pour ses nombreux portraits de célébrités politiques ou intellectuelles il est invité par Eric Ruff à photographier la Comédie Française, son univers ainsi que les 65 comédiens de la troupe. Il est le lauréat 2018 du prix Niépce décerné par l’association Gens d’Images, finaliste du prix Leica Oskar Barnack en 2018 et réalise la carte blanche Pernod-Ricard intitulée « Seriously Convivial » en 2019.

En 2017 il publie « The Kingdom » un long travail sur les habitants d’un « royaume » dans le Vermont. Conçu comme une errance au sein de l’intimité d’une communauté, Stéphane rassemble des images singulières où les habitants semblent tout droit sortis d’un conte. En 2020 il publie « Les loges du Français » (co-ed. Gallimard / Comédie- Française), reportage dans l’intimité des comédiens sociétaires et pensionnaires de la troupe de la Comédie Française. Plus récemment, « Les mois noirs » (ed.77, 2020) et « Les Enchanteurs » (ed 77, 2021), il arpente des paysages sombres avec un œil lumineux de portraitiste à la recherche de ce qui façonne l’identité bretonne. Son travail très pictural nous invite à nous plonger dans des univers sublimes, il ne cesse de questionner les relations entre humains, territoires et environnements.

Stéphane Lavoué pose son regard une nouvelle fois sur la Bretagne, son territoire d’adoption.Au milieu des terres les questions émergent et l’émerveillement prend corps au travers des yeux de peintre du photo- graphe. Suite à la lecture des Légendes de la Mort, d’Anatole le Braz paru en 1893, l’artiste sillonne les Monts d’Arrée, entre errance et quête, sur les traces de l’Ankou, ou peut-être est-ce le fantôme qui suit ses pas.

Les enchanteurs sont ceux que l’artiste a rencontré, au fil des courants telluriques que l’on sent vibrer dans les pierres granitiques battue par le vent, que la mer absente borde de toute part, au loin. Ils ne sont pas là par hasard, sur cette lande habitée pour toujours par les légendes celtes, les superstitions chrétiennes et païennes.
Le dernier projets de Stéphane Lavoué incarne la maturité artistique du photographe, portraitiste inimitable, son regard embué au milieu de la tempête nous invite à plonger dans un univers sublime et mélan- colique. Un voyage intense, dont on s’extirpe de justesse avec les joues rosies par le vent et l’envie de vivre plus fort que jamais.

Né en 1994, Brieuc Weulersse est un photographe français basé à Bruxelles. Il est diplômé de l’école de cinéma 3IS en Ile de France où il signe l’image du court- métrage « une sur trois » primé au festival de Clermont-Ferrand et racheté par Arte. Il intègre par la suite l’ESA le 75 à Bruxelles afin d’y effectuer un bachelier en photographie documentaire.
C’est suite à la découverte de la collapsologie – l’étude des théories possibles d’effondrement de notre civilisation industrielle – qu’il commence à questionner sa propre conception de l’écologie. Ce qui n’était qu’une vague notion dans son quotidien, symbolisée par le tri des déchets ou un parti politique, devient concret : croissance et décroissance, production alimentaire, limites des écosystèmes, dette écologique… Il lit alors l’ouvrage de référence de ce courant : Comment tout peut s’effondrer de Pablo Servigne et Raphaël Stevens.

Pour le Prix des Nouvelles écritures de la Photographie Environnementale de la Gacilly, Brieuc Weulersse avec « Researth », va plus loin dans sa découverte et s’interroge sur la recherche scientifique à l’heure des théories de l’effondrement.
Le photographe propose ici, dans une approche documentaire renouvelée, de mettre un pied dans le monde de la recherche expérimentales où étudiants et chercheurs travaillent afin d’apporter des solutions à notre avenir incertain.

C’est avec une grande sensibilité que Brieuc réussit à nous immerger au centre de ces universités belges où culture de fraises hors sol et aquaponie côtoient plantes et ruches connectées.

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