Fisheye Gallery

À l’occasion de cette saison estivale la Fisheye Gallery propose un parcours au travers des œuvres choisies d’artistes qui ont marqué les quatre dernières années depuis la création de la galerie.

Éminemment contemporains, les jeunes artistes soutenus par la Fisheye Gallery appartiennent à une nouvelle génération talentueuse et dynamique de photographes. À l’image du magazine Fisheye, la galerie ne s’interdit rien et choisit d’explorer et de valoriser toutes les formes de la photographie sans complexe.

Aux côtés des artistes reconnus comme Delphine Diallo, Stéphane Lavoué, Charlotte Abramow, Sandrine Elberg et Morvarid K habitués des cimaises de la Fisheye Gallery, retrouvez de nouveaux arrivants avec Thomas Klotz, photographe du vide et coloriste incomparable ainsi que les œuvres d’Olli Bery mêlant gravure et tirage photographiques sur des papiers uniques venus du Tibet.

Cette année marquera également la cinquième année de la profonde amitié entre le festival La Gacilly et Fisheye, l’occasion de présenter les trois artistes lauréats de cette année – David Bart, Coline Jourdan, Sebastien Leban – et de revenir sur les œuvres majeures des précédentes éditions.

La librairie s’agrandit pour proposer toujours plus d’ouvrages rares et inédits de photographes et à propos de la photographie. Une immersion incontournable au cœur de la création photographique d’aujourd’hui.

Fisheye x La Gacilly – David Bart

Le barrage des Trois-Gorges est la première construction humaine qui, par la présence d’une si grande quantité d’eau concentrée artificiellement en un seul endroit, ralentit la vitesse de rotation de la Terre de 0,06 microsecondes/an. Troisième attraction touristique du pays et fierté nationale, le barrage, par le réservoir créé, a englouti une zone fertile où étaient cultivées près de 40% des denrées agricoles chinoises. 1 400 000 personnes ont été déplacées. Ce barrage, un des plus grands objets de propagande de l’histoire de la Chine contemporaine, illustre une toute puissance de l’Homme sur son environnement qui contrevient pourtant avec les principes de la Chine traditionnelle, inspirée quant à elle du Taoïsme, du Bouddhisme et du Confucianisme. La décontextualisation des images de propagande d’époque révèle ce basculement majeur, du politique de la révolution culturelle de Mao, à l’économique de la révolution numérique de Xi Jinping.

Coline Jourdan est photographe plasticienne. Engagée pour la défense de l’environnement, elle en questionne les codes de représentation dans la photographie, s’intéressant particulièrement à la toxicité, sa présence dans notre environnement et ses impacts souvent imperceptibles. Les noirceurs du fleuve rouge est un projet qui débute dans le bassin du Rio Tinto, en Espagne. Le fleuve, pollué par l’activité minière de la région, devient acide et se teinte progressivement de rouge. Pour témoigner de ce désastre écologique, la photographe redouble le processus de révélation photographique par l’ajout d’eau du fleuve lors du développement de la pellicule. Il en résulte une interaction chimique qui altère l’image initiale de ce paysage : des images noircies dans lesquelles tentent de survivre des fragments de nature.

Sébastien Leban est photojournaliste indépendant, mobilisé sur les conséquences du changement climatique. L’île de Tangier, située dans une zone marécageuse à 160 km de Washington DC, est une métaphore du déni environnemental actuel. Alors que leur terre s’enfonce peu à peu dans l’océan, les habitants, climatosceptiques convaincus, refusent cette réalité. Pourtant l’érosion s’accélère engloutissant jusqu’à 4 mètres de côtes par an. À ce rythme, l’île pourrait disparaître d’ici 30 ans. Face au manque de perspectives d’avenir, les jeunes désertent l’île, fuyant des conditions de vie difficiles. Républicains et chrétiens convaincus, les insulaires soutiennent la politique du gouvernement actuel et refusent l’urgence d’un changement tourné vers l’écologie, au risque de devenir réfugiés climatiques.

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