Fisheye Gallery

Chongqing

Exposition en cours
25.05.2019 22.06.2019

CHONGQING, sur les quatre rives du temps qui passe

Municipalité de Chongqing, république populaire de chine, 34 millions d’habitants. L’une des plus fortes croissances démographiques et économiques mondiales. L’agglomération centrale de 15 millions d’âmes se voit perfuser de près de 300 000 nouveaux arrivants chaque année. Chongqing, la « ville montagne », sillonnée par le fleuve Yangtsé et la rivière Jialing, peine à percer l’épais brouillard qui la recouvre toute l’année.

Héritière des déplacés du barrage des trois-gorges et fille des autorités pékinoises qui l’ont élevée au rang de municipalité au même titre que ses grandes sœurs de la côte Est, Chongqing s’est développée à une vitesse vertigineuse. Formes urbaines et infrastructures ont jailli défiant la gravité, épousant les reliefs de ses quatre rives escarpées et gravées par ses cours d’eau. La vitesse de l’urbanisation a pris de haut le temps lent des pêcheurs, de l’érosion des fleuves, de l’éclosion puissante des montagnes.

La danse ininterrompue des grues et des pelleteuses empile les hommes avec une rapidité déconcertante. Plus aucun obstacle n’empêche les tours de s’élancer. Elles se reproduisent presque à l’identique, comme des métastases. Les réseaux de transport traversent les eaux, transpercent les roches, gravissent les coteaux, faisant fi de la puissance des éléments. Le fleuve est devenu l’artère qui fait battre un cœur économique résolument tourné vers la conquête économique de l’ouest par la nouvelle route de la soie.

Seules les rives, quasi sauvages, résistent et s’allient aux caprices du fleuve. Des hommes assis sur ses berges regardent ses méandres et leurs horizons s’obstruer et ses flancs s’épaissir. Ils cultivent encore ici et là quelques jardins nourriciers en attendant avec fatalité que les derniers bouts de terres nues disparaissent.

Cyrus Cornut

CHONGQING, on the four shores of passing time

Municipality of Chongqing, People’s Republic of China, 34 million inhabitants. One of the world’s fastest growing demographic and economic growth rates. The central agglomeration of 15 million people is infused with nearly 300,000 newcomers each year. Chongqing, the « mountain city », criss-crossed by the Yangtze River and the Jialing River, struggles to break through the thick fog that covers it all year round.

Heiress of the displaced from the three-throat dam and daughter of the Beijing authorities, who elevated it to the rank of municipality along with its big sisters on the east coast, Chongqing has developed at a dizzying pace. Urban forms and infrastructures have sprung up defying gravity, following the relief of its four steep banks and engraved by its rivers. The speed of urbanization has taken from above the slow time of fishermen, the erosion of rivers, the powerful bloom of mountains.

The uninterrupted dancing of cranes and excavators piles up the men with a disconcerting speed. There are no more obstacles preventing the laps from starting. They reproduce almost identically, like metastases. Transport networks cross water, pierce rocks, climb hills, and ignore the power of the elements. The river has become the artery that drives an economic heart resolutely turned towards the economic conquest of the West by the new Silk Road.

Only the banks, almost wild, resist and combine with the whims of the river. Men sitting on its banks watch its meanders and their horizons get blocked and its sides thicken. They still cultivate a few feeder gardens here and there, waiting inevitably for the last pieces of bare land to disappear.

Cyrus Cornut

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